Avant un vol, une carte consultée trop vite peut donner une impression trompeuse de liberté. Géoportail aide à repérer les zones de restriction, mais ne remplace ni les vérifications aéronautiques ni les démarches de déclaration drone.
Pour préparer une mission, il faut distinguer la cartographie permanente des interdictions temporaires et comprendre ce que les couleurs indiquent réellement. Cette méthode évite de confondre plateforme numérique, autorisation de vol et consultation des règles applicables.
A retenir :
- Géoportail, repérage initial des restrictions permanentes
- Couleurs de carte, indication des hauteurs maximales autorisées
- NOTAM et arrêtés locaux, vérifications complémentaires avant décollage
- Déclaration drone, démarche distincte de la consultation cartographique
Carte drone Géoportail : repérer les zones de restriction
Cette première vérification situe le vol envisagé dans l’espace aérien et révèle les plafonds affichés sur la carte. Selon l’IGN, Géoportail est son portail cartographique ; la couche consacrée aux drones permet de consulter les restrictions permanentes.
Accéder à la couche des restrictions UAS
Dans Géoportail, recherchez la couche relative aux restrictions UAS en catégorie Ouverte et à l’aéromodélisme. La carte peut aussi être consultée depuis les ressources de la DGAC, sans confondre cette consultation avec une déclaration de vol.
Pour examiner un site précis, saisissez une adresse ou des coordonnées GPS, puis zoomez suffisamment. La géolocalisation peut aider à centrer la carte, tandis qu’un clic sur une zone colorée affiche généralement son nom, sa hauteur maximale et ses conditions particulières.
Couches utiles pour préparer le repérage :
- Restrictions UAS, pour visualiser les plafonds et interdictions affichés
- Fond cartographique IGN, pour identifier routes et localités
- Photographies aériennes, pour observer le contexte au sol
Lire les couleurs sans confondre hauteur et catégorie
La couleur n’identifie pas simplement une zone P, R, D ou CTR : elle renseigne sur la hauteur maximale indiquée. Selon les informations de la DGAC fournies pour la carte, le rouge signale une interdiction, tandis que d’autres teintes correspondent à des plafonds de 30, 50, 60 ou 100 mètres.
Les hachures renvoient à une notification aux Armées pour certains aéronefs de plus de 900 grammes. Une règle générale limite par ailleurs le vol à 120 mètres, sous réserve des restrictions plus strictes et des conditions applicables à l’endroit concerné.
| Affichage | Indication associée | Vérification utile |
|---|---|---|
| Rouge | Vol interdit dans la zone représentée | Lire les conditions affichées et les publications aéronautiques |
| Orange | Plafond maximal de 30 mètres | Respecter le plafond le plus restrictif |
| Jaune | Plafond maximal de 60 mètres | Vérifier les restrictions temporaires du créneau |
| Hachures | Notification aux Armées dans les conditions indiquées | Confirmer l’applicabilité à l’aéronef utilisé |
Vol de drone : vérifier les restrictions temporaires
Une carte permanente ne suffit pas à garantir qu’un vol sera autorisé le jour prévu. Selon le Service de l’information aéronautique (SIA), les NOTAM et les SUP AIP servent à publier des informations aéronautiques temporaires qu’il faut consulter pour le secteur et l’horaire concernés.
Contrôler les NOTAM, les ZRT et les arrêtés locaux
Une zone réglementée ou dangereuse peut être interdite lorsque ses périodes d’activation sont publiées, notamment dans l’AIP ou par NOTAM. Le statut d’une zone peut donc évoluer alors que sa représentation générale reste visible sur la carte.
Les ZRT liées à un événement, un incendie ou une opération particulière ne sont pas nécessairement affichées dans Géoportail. Consultez le SIA ou SOFIA-Briefing, puis recherchez les arrêtés préfectoraux susceptibles de concerner une plage, une manifestation ou un espace protégé.
Contrôles complémentaires avant le décollage :
- NOTAM et SUP AIP couvrant le lieu et l’horaire prévus
- Arrêtés préfectoraux et règles locales applicables
- Conditions propres aux parcs, réserves et établissements sensibles
- Publications aéronautiques pour préciser les limites géographiques
Évaluer les espaces protégés et les aérodromes
Les interdictions de survol publiées pour certains parcs nationaux ou réserves sont à distinguer des sites Natura 2000, qui ne sont pas automatiquement interdits. Des arrêtés locaux peuvent toutefois imposer des restrictions, notamment dans des périodes sensibles pour la faune.
Autour d’un aérodrome, les conditions dépendent de l’espace concerné et des services disponibles. Un accord protocolaire peut être requis pour dépasser la hauteur affichée en CTR ; il faut alors contacter l’interlocuteur compétent et suivre les conditions communiquées.
| Situation | Source à consulter | Action de préparation |
|---|---|---|
| Zone réglementée ou dangereuse | AIP, NOTAM ou SUP AIP | Vérifier les horaires et l’activation |
| Zone temporaire ZRT | NOTAM et publications du SIA | Contrôler la validité pour le créneau prévu |
| Site Natura 2000 | DREAL, DDT ou préfecture | Rechercher les arrêtés locaux applicables |
| Proximité d’un aérodrome | AIP, carte VAC et service local | Confirmer les limites et accords nécessaires |
Pour le réseau très basse altitude de la défense, les horaires d’activité programmée peuvent être publiés par le SIA. La consultation de la source officielle, plutôt qu’une déduction à partir des seules couleurs, est essentielle à la sécurité aérienne.
Déclaration drone et préparation : compléter la carte officielle
Le repérage cartographique n’est qu’une étape d’une préparation responsable. La déclaration drone, lorsqu’elle est exigée pour une opération donnée, relève d’une démarche distincte : consulter une carte ne vaut ni déclaration ni autorisation.
Choisir les sources selon le type de mission
SOFIA-Briefing permet de compléter la recherche avec des informations aéronautiques et des NOTAM correspondant à un secteur et à un horaire. L’AIP demeure une référence pour les descriptions de l’espace aérien, tandis que les SUP AIP publient des modifications temporaires.
Pour une mission professionnelle, les procédures prévues par l’exploitant et les exigences applicables doivent aussi être contrôlées. Un pilote qui prépare une prise de vue pour une entreprise gagnera à conserver les horaires, les cartes consultées et les accords obtenus dans son dossier de mission.
Outils à associer à la carte drone :
- Géoportail, pour le repérage initial des restrictions
- SOFIA-Briefing et SIA, pour les informations aéronautiques temporaires
- AIP et SUP AIP, pour les règles et modifications publiées
- Préfecture ou services locaux, pour les arrêtés territoriaux
Appliquer une vérification simple avant chaque vol
Un vol autorisé lors de la préparation peut devenir impossible si une restriction temporaire est publiée avant le départ. Refaire les contrôles le jour même évite de s’appuyer sur une capture d’écran ancienne ou sur une carte consultée à une autre heure.
La plateforme numérique facilite le repérage, mais la surveillance du territoire et la protection des personnes imposent aussi de respecter la vie privée, les consignes du site et les règles générales de vol. La météo, l’état du matériel et la présence d’aéronefs habités complètent cette vérification.
Ordre de contrôle recommandé avant le départ :
- Localiser précisément le site et lire la hauteur maximale affichée
- Consulter les NOTAM et publications temporaires du créneau
- Vérifier les arrêtés locaux et les accords éventuellement nécessaires
- Confirmer météo, matériel et conditions de sécurité au sol
Sources : Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et Service de l’information aéronautique (SIA).